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In-vitro 2005 - Rencontre avec notre responsable de cellule
Transmis par jessclub le 15 octobre 2005 à 00:00:00 CEST
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Nous sommes en juillet 2005 et je me dis "Pourquoi ne pas me rendre chez notre grand spécialiste de l'in-vitro et faire un petit point sur le niveau actuel de notre cellule in-vitro?". Voici donc une petite interview qui vous permettra de comprendre le principe de fonctionnement de cette activité. Nous allons essayer d'insister sur les quelques règles de base qui permettent aux amateurs de franchir le pas et éviter les échecs répétés.

Bux (Fabrice) est en quelque sorte notre spécialiste et s'occupe essentiellement de la cellule in-vitro au sein de Rossolis. Il pratique l'in-vitro depuis plusieurs années non seulement avec des plantes carnivores qui représentent d'ailleurs son principal centre d'intérêt mais aussi avec d'autres espèces comme les cactées, les orchidées ou encore les plantes potagères. Il fait l'ensemble des tests chez lui, se passionne beaucoup pour la recherche et le développement de nouveaux milieux afin d'améliorer sans cesse les résultats obtenus.

A peine arrivé chez lui que je vois déjà du matériel un peu partout dans la maison. Voici par exemple ce qui ressemble à de la désinfection ... dans la cuisine !

 


Moi : De quoi s'agit-il exactement ? Ca ressemble à de la Dionée qui trempe dans l'eau du robinet !
Bux : Effectivement, il s'agit de Dionaea musipula. Des plantes issues de graines qui ont germé il y a déjà plusieurs mois dans un bocal et que je me prépare à repiquer dans un nouveau milieu stérile. Elles sont dans un mélange d'eau stérile à laquelle j'ai ajouté un désinfectant léger. Cela me permet en quelque sorte de les nettoyer et de les diviser facilement avant la séance de repiquage.



Moi : Mais venons en au fait, l'in-vitro ça se passe comment et peux-tu me faire une petite initiation rapide tout en me montrant tes installations ? J'ai appris par exemple que tu avais fini tes travaux de construction d'une hotte stérile mais tout d'abord comment as-tu appris comment faire les manipulations ?
Bux : L'in-vitro n'est pas bien compliqué. Pour ceux qui disposent d'Internet, il suffit de faire des recherches sous Google par exemple pour obtenir rapidement un tas d'informations détaillées aussi bien sur les protocoles que sur les milieux à réaliser. Il est vrai que les documentations les plus complètes sont en anglais mais pour ceux qui disposent de quelques notions et utilisent les traducteurs on-line il y a toujours moyen de s'en sortir.

Moi : Qu'utilise-t-on de la plante pour faire de l'in-vitro ?
Bux : C'est en fait très variable. On peut aussi bien partir de graines que de tissus. Les résultats sont conditionnés par différents facteurs difficilement maîtrisables comme le taux de contamination des graines et des tissus. L'élément doit être parfaitement désinfecté sinon l'échec est garanti. A noter qu'il est plus facile de désinfecter des graines car elles sont moins sensibles à l'utilisation de désinfectants concentrés. Les tissus d'une plante risquent en revanche d'être détruits lors de la phase de désinfection ou pire encore, ils sont parfois contaminés à l'intérieur ou dans des zones inaccessibles par les désinfectants.

Moi : Tu utilises quoi, du savon, du fongicide ?
Bux : Oh non. Il est possible d'utiliser différents produits voir des combinaisons de produits pour obtenir le niveau de désinfection suffisant. J'utilise essentiellement des mélanges à base d'eau de javel que je dilue avec de l'eau préalablement stérilisée. Il faut par contre rester très prudent car ces produits sont parfois dangereux . Les protocoles varient selon le fait que ce sont des graines ou des tissus et selon que les tissus sont plus ou moins charnus. Difficile de définir des règles exactes sur la durée de l'opération qui peut aller de quelques minutes à plus de 20 minutes.

Moi : Une fois désinfecté, tu mets directement en bouteille ?
Bux : Pas tout à fait, je rince d'abord à l'eau stérilisée et seulement ensuite je mets en bouteille car les produits désinfectant peuvent continuer à agresser les végétaux une fois dans la bouteille ce qui entraînerait la mort de la plante.

Nous nous rendons dans la pièce ou se trouve la hotte stérile ...



Moi : Voici enfin l'engin ! Indispensable ou pas pour réaliser de l'in-vitro ?
Bux : Non, une hotte stérile n'est naturellement pas indispensable mais en tous cas cela améliore considérablement le taux de réussite. Il y a encore quelques mois, je faisais l'ensemble des manipulations devant une flamme. Une gazinière fait l'affaire après l'avoir préalablement bien  nettoyée avec des désinfectants. Il faut reconnaître que dans ce cas, c'est loin d'être du 100 % et une poussière même invisible porteuse de bactéries se glisse assez souvent dans les bocaux. Ca reste cependant un moyen très économique et donc idéal pour les débuts. Il est par contre certain que la hotte stérile m'a changé la vie !



Moi : Il n'y a aucune flamme dans ta hotte, est-ce normal ?
Bux : Oui, effectivement, pas de flammes. C'est un luxe qui évite des brûlures régulières quasi inévitables lorsque tu manipules devant ta gazinière. J'ai conçu la hotte avec un système de filtration suffisant pour éliminer l'ensemble des germes susceptibles d'infecter les milieux. Il va cependant de soit qu'avant chaque séance il faut nettoyer les parois et la table de travail de la hotte avec un désinfectant.  Après le nettoyage, je laisse tourner la hotte avec le matériel nécessaire dedans pendant au moins 15 minutes.

Moi : C'est quoi le principe de filtration ?
Bux : L'air est prélevé dans la pièce, passe par un système de filtration que j'ai acheté tout fait, il existe des standards à ce niveau. L'air filtré est ensuite pulsé dans la hotte. L'évacuation se fait sous la partie vitrée ... là où l'on passe les mains pour faire les manipulations.



Moi : Et tu procèdes comment ?
Bux : Comme tu peux le voir tout est déjà bien rôdé. J'ai mes pinces qui baignent dans un désinfectant du côté droit de la hotte, le récipient à remplir côté gauche et les récipients remplis vers le milieu.  Les manipulations se font en partie centrale. Là je suis en train de sortir une feuille de Pinguicula cyclosecta du mélange de rinçage.

Moi : Pourquoi un rangement si précis dans ta hotte ?
Bux : Nous travaillons en milieu stérile et sur nous se trouve tout un tas de bactéries et germes. Laver les mains est largement insuffisant et il faut de ce fait faire un minimum de gestes dans la hotte afin de ne pas risquer d'infecter le milieu. L'agencement des différents éléments doit être fait en sorte que tu ne passes par exemple jamais au-dessus d'un bocal. Lorsque tu prends quelque chose en main c'est toujours par les côtés, le plus loin possible de l'ouverture. Tous les gestes se font au ralenti et réduit au strict minimum.



Moi : La manipulation n'a pas l'air facile ...
Bux : Effectivement c'est quelque peu délicat du fait que les feuilles soient mouillées et ont de ce fait tendance à non seulement coller à la pince mais aussi aux parois du tube. Le récipient utilisé dans notre cas étant un petit tube à essais cela complique d'autant la manipulation.

Moi : C'est visiblement assez long ...
Bux : Il faut bien compter 1/2 heure pour simplement la mise en bouteille d'une espèce et là encore je ne compte ni les temps de nettoyage, de désinfection des tissus ou encore de préparation des milieux.



Bux : Voilà, c'est fait, le tube est soigneusement fermé. Plus de risques de contamination pour celui-ci, sauf si un germe s'y est glissé pendant la manipulation ou qu'il est resté sur les tissus de la feuille.



 
Moi : Comment voir si c'est bon ou pas ?
Bux : Il faut compter environ 15 jours après quoi si rien n'apparaît de suspect dans le bocal ont peu estimer que c'est un succès. Mais la contamination n'est pas tout, il faut que la plante pousse. Si la désinfection de nos feuilles a été trop importante elles risquent de ne pas bourgeonner pour donner une plantule ce qui est alors aussi un échec.

Nous voici à présent dans le local de stockage des bocaux. Installation impressionnante tout comme le nombre de bocaux !



Moi : Pourquoi mettre le tout dans des terrariums ?
Bux : Plusieurs avantages, d'une part le terrarium permet de conserver une certaine stabilité en température et d'autre par celui-ci protège de la poussière. Il faut maintenir les bocaux dans les meilleures conditions de propreté possible  car la plupart des plantes sera à repiquer dans un nouveau bocal au bout de quelques mois.



 
Moi : La plupart des plantes semble pousser relativement vite et je ne vois pas de milieux de contaminés.
Bux : Il est clair que depuis la mise en service de la hotte stérile, j'ai extrêmement peu de contaminations. Je retire les pots contaminés au fur et à mesure. Au niveau vitesse de croissance celle-ci est largement supérieure à celle d'une plante à l'air libre. C'est l'un des avantages de l'in-vitro. Regarde par exemple la taille de cette Dionée qui a été mise en bocal il y a seulement quelques mois!!



 
Moi : C'est impressionnant ! Je vois par contre d'autres espèces qui semblent être là depuis l'an dernier mais sont encore de petite taille, pourquoi ?
Bux : Certaines espèces ont plus de mal à se développer dans mes milieux que d'autres. Il faut parfois moduler la concentration de certains éléments du milieu nutritif voir même ajouter des hormones. Dans les bocaux que tu vois là, il y a essentiellement des essais. Chaque bocal est numéroté et j'ai une fiche traçabilité qui me permets de mesurer les résultats obtenus en fonction des espèces et des différents mélanges réalisés.



 
Moi : Les milieux ne sont pas tous au point ?
Bux : Là n'est pas le problème. Je dirais plutôt que j'ai des milieux qui donnent des résultats acceptables pour la plupart des espèces et que je fais de l'amélioration continue sur ces milieux pour les spécialiser et obtenir les meilleurs résultats possibles.



 
Moi : Encore beaucoup de travail de recherche si je comprends bien.
Bux : Effectivement, il y a encore beaucoup de boulot à ce niveau. Il y a un grand nombre d'espèces de plantes carnivores et de toute évidence, il y a parfois même des besoins différents au sein d'une même espèce ce qui complique d'autant la tâche. Ma fois, on est passionné ou pas ...



Moi : Et tu ne trouves pas des recettes efficaces toutes faites dans les livres ou encore sur Internet ?
Bux : J'ai déjà testé pas mal de ces recettes types mais les résultats sont bien souvent à peine satisfaisant. Tu as vu cette dionée de moins de 6 mois ? Avec les milieux trouvés sur Internet, elle avait à peine la moitié en taille dans les milieux qui semblaient les plus performants et à peine 1 mm dans les pires ! Personnellement, je parts des milieux communs de base sur lesquels j'effectue des variations de concentrations et des ajouts. C'est ainsi plus clair et simple pour moi, c'est par contre relativement long mais l'avantage est qu'à force tu connais l'ensemble des facteurs qui interviennent aussi bien sur la croissance que sur la multiplication de tes plantes.

Moi : J'ai vu que certains milieux sont beaucoup plus sombre que d'autres, pourquoi ?
Bux : Voici par exemple des pots de Nepenthes ventricosa. J'ai ajouté du charbon aux milieux car celui-ci absorbe certaines excrétions de la plantes. Comme le milieu est confiné et stérile, les sécrétions peuvent retarder et donc inhiber la croissance de certaines espèces de plantes.


Je vais conclure sur ce dernier cliché qui n'est autre que les tubes de Pinguicula cyclosecta qui ont atteint cette taille 3 mois après la mise en tube (mise en tube au début de l'article). Comme vous pouvez le voir c'est un succès total et il ne reste plus qu'à les repiquer dans des bocaux plus grands.



Texte et photos: Gérald Bach, toute reproduction interdite sans l'accord de l'auteur
 

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