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Scientifique: Séance essais de micrographies 2006
Transmis par jessclub le 30 July 2006 à 00:00:00 CEST
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Le mois dernier Clément nous a invité chez lui pour une séance de micrographie optique. Le microscope et l'appareil photo de ses parents offrent des possibilités prometteuses...Dionaea, drosera, utricularia, pinguicula sont passés sous l'objectif après un passage sous le scalpel!




Gérald et Lionel réalisent des préparations sur lames et lamelles. Les coupes doivent être les plus fines possibles pour permettre l'observation des tissus.




Clément réalise méticuleusement une coupe.



Nos travailleurs de force à l'oeuvre !



Clément nous expose le détail d'une préparation. Des scalpels aux lames bien tranchantes sont nécessaires pour couper de manière nette des tissus relativement fragiles qui déchirent assez facilement. Une fois le tissu coupé, Clément le place sur la lame dans une goutte d'eau afin qu'il ne sèche pas. Il le recouvre ensuite d'une lamelle de verre.



Et voilà, la préparation est prête ! La mise au point n'est pas facile à faire, il faut jouer avec les différentes molettes et le diaphragme.

   

Ca y est ! Vous reconnaissez ? C'est un utricule de Utricularia livida avec sa vacuole renfermant une grande bulle d'air. Vous remarquerez les cils sensitifs au niveau du péristome (la bouche) de l'utricule. A droite, vous reconnaîtrez les glandes digestives en forme d'étoiles.





Et ceci, ça vous dit quelque chose? Ce sont des cils glanduleux de drosera et pas n'importe lequel ! c'est un Drosera paradoxa ! Vous remarquerez la striation centrale des cils qui est en fait du FCV (faisceau criblo vasculaire), tissus cellulaires impliqués dans le transport de la sève.



Le xylème est particulièrement visible au centre de cil.





La glande responsable de la sécrétion muscilagineuse est bien visible au centre des cils



Lionel nous prépare une coupe de feuille de Pinguicula x weser



Encore quelques minutes pour la mise au point et nous y serons presque



Et voilà ! Intéressante cette photo, non ? Vous retrouvez sur la face interne de la feuille les cils glanduleux de pinguicula qui sont sensiblement différents de ceux de drosera. Au centre de la coupe, les "massifs" sombres sont des FCV, tissus permettant la circulation de la sève. De part et d'autre, du parenchyme polyédrique de remplissage constitue l'essentiel du volume de la feuille. Cette population cellulaire s'applique à réaliser  la photosynthèse.



Le cil de pinguicula est visiblement constitué d'une cellule unique surmontée d'un groupe cellulaire constituant le pédoncule.



Ensemble de cils de pinguicula à un faible grocissement







Gros plan de cils de pinguicula



Cils de pinguicula sur leur support



Lionel réalise une préparation d'étamine de Drosera paradoxa





L'étamine a un aspect plumeux. Quatre grains de pollen de couleur foncée subsistent (bas de la photo).



Agrandissement d'un grain de pollen



Une multitude de chloroplastes (petits grains verts) se meuvent au sein du parenchyme palissadique de feuille de dionée ( Dionaea muscipula ). Sur la face interne, vous reconnaîtrez des glandes digestives sous la forme de petites sphères granuleuses.





Clément observe une préparation de poil sensitif de dionée



Poil sensitif de dionée



Base d'un poil sensitif de dionée



Microscope et matériel de coupe: Clément Bauer, Photos: Gérald Bach  Texte: Gérald Bach  et Lionel Léopoldès toute reproduction interdite sans l'accord des auteurs


(Suite... | Scientifique | Score: 5)
5274 lecture(s)
Les serres Karnivores 2006, attention les yeux!
Transmis par jessclub le 30 July 2006 à 00:00:00 CEST
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Le 4 juin dernier, nous sommes allés visiter les serres du célèbre producteur alsacien: Alain Kern. La pépinière Karnivores, située à proximité de Colmar, est hébergée dans d'anciennes serres fraîchement rénovées et modernisées. Plusieurs dizaines de milliers de plantes se partagent les quelques centaines de mètres carrés de serre, y naissent, y grandissent avant de devenir les reines des pépiniéristes et jardinineries alsaciennes. Alain offre également ses plantes au grand public au travers de son site internet, particulièrement convivial : http://www.karnivores.com
Près d'une cinquantaine de taxons de sarracenia, drosera, pinguicula, darlingtonia, dionaea, utricularia, nepenthes, genlisea...sont proposés sur le catalogue Karnivores qui s'impose déjà comme une référence nationale et européenne.

Place maintenant à la visite, ouvrez bien vos yeux...



  

Alain Kern présente de magnifiques plateaux à Clément Bauer, Christelle Bach, Lionel Léopoldès et Jacques Berthelot


  

Utriculaires et Sarracenia hybrides

 

Nepenthes et Pinguicula mexicaines



Un sarracenia hybride Red Throat, original et du plus bel effet !

 

Ah ! Un visage bien connu du Forum Carnivore, nous présentant un sarracenia hybride particulièrement esthétique

  

Drosera capensis et Drosera adelae

 

La collection de dionées est spécialement riche chez Alain. Près d'une dizaine de formes plus colorées et étranges les unes que les autres se cotoyent dans ses serres. Attention aux coups de gueules !

 




Sarracenia minor en pagaille

 

Beaux pieds de dionées, ça y est cette fois, je n'y résiste plus...j'achète ! Avez-vous remarqué les dionées "fused", leurs dents sont soudées et très colorées.



Et cette toute nouvelle forme de dionée qui sera tout prochainement mise à la vente...

 

Beaux pieds de cephalotus forme "géante"

  

Dès que ces Sarracenia leucophylla formes vertes et blanches seront à la vente, j'en prendrai..., elles sont magnifiques !

  

Splendides ces nepenthes ! Ils sont en parfaite santé et leurs urnes sont bien développées

  


 

Quelques bacs d'utriculaires. Que regardes-tu Julie ?

 

Bacs de multiplication de nepenthes et de ...



...Pinguicula mexicaines.





Aldrovanda vesiculosa

 

Beaux pieds de Darlingtonia californica. Ils sont bien colorés ceux là. Pour quand la forme entièrement rouge Alain ?



Utricularia reniformis et ses feuilles cordées

  

Beaux hybrides de sarracenia

  

Alain et Arnaud réalisant des échanges de plantes. Un très grand amateur d'utriculaires ce très cher Arnaud.

  

Le Drosera binata est sans doute un des drosera des plus touffus

  

Hé! Hé ! Il te plait ce sarracenia "mardi gras" Julie ! Il est vrai que la forme du capuchon est très originale.

 

Forêt de fleurs d'utriculaires

 

La serre de reproduction de Karnivores est très impressionnante, le système de récupération d'eau de pluie et d'arrosage automatique l'est également !

 

 

A la fin de la visite, Alain nous offre le pot de l'amitié dans son jardin, à l'arrière des serres.



Arnaud et Clement sont satisfaits de leurs achats et échanges, on peut dire qu'il y a de quoi l'être


L'ensemble des membres de l'association rossolis, te souhaite beaucoup de plaisir et de prospérité dans tes serres Alain. Merci pour ton accueil et à bientôt...

Photos: Gérald Bach  Texte Gérald Bach et Lionel Léopoldès, toute reproduction interdite sans l'accord de l'auteur


(Suite... | Score: 4.5)
12169 lecture(s)
Scientifique: La culture in vitro chez l'amateur
Transmis par lionel le 15 October 2005 à 00:00:00 CEST
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La culture in vitro chez l’amateur

Qu’est ce que la culture in vitro ? Comment procéder ? Quels tissus  utiliser ?

Telles sont les questions que mes amis et moi-même avons soulevées lors de nos premiers essais . Les livres de plantes carnivores, que l’on trouve dans le commerce, négligent ce type de méthode, bien souvent ils se contentent de mentionner les plantes susceptibles de donner de bons résultats en bouteilles. Les expériences dont je vais vous parler ont été réalisées sur des espèces appartenant à des genres différents : drosera, byblis, cephalotus, pinguicula,dionaea et plantes sensitives.

Tout d’abord quels sont les avantages à utiliser ce type de culture ?

-  si la désinfection des milieux a été faite le cultivateur ne verra jamais ses tissus nécroser du fait d’une attaque fongique, virale…

 

- les boutures ou graines pourront profiter d’une atmosphère où règne une humidité proche de 100 %.

 

- ces derniers se développeront sur des milieux riches en vitamines , en hormones de croissances, en antibiotiques, en sels minéraux…

- les milieux contenant des substances mutagènes, le cultivateur pourra espérer obtenir des mutations intéressantes, par exemple, au niveau du piège sur une dionée.

 

- la croissance des plantules est plus rapide (j’ai pu observer des différences en 12h).

 

- on peut mettre en bouteilles des plantes poussant sur tourbe qui ont été jugées trop faibles pour les faire croître et acquérir un peu plus de vigueur.

 

On pourrait trouver d’autres raisons mais celles-ci dépendront des attentes de chacun.

Les tissus et graines utilisés :

Je vais vous parler de celles que mon ami Laurent et moi-même avons testées.

 

Nous avons mis  dans 19 bouteilles du Drosera binata (des crosses), du Drosera capensis feuilles larges (en graines), du Drosera capensis ordinaires (en feuilles), du drosera burmanii géant et fleur rose (en graines), du Drosera enodes (des feuilles), du Byblis liniflora et gigantea (en graines), du Pinguicula caudata (des jeunes feuilles en formation), du weiser (des feuilles), du Biophytum sensitivum (en graines), de la dionée verte, de l’akai ryu et de la dionée normale (des feuilles).

Le procédé :

La préparation des bouteilles est la première opération. Nettoyez tout d’abord les bouteilles à l’eau chaude et au savon (elles doivent être parfaitement propres, la moindre saleté ruinerait vos chances).Vous introduirez ensuite du coton dans les trous ( il faut absolument acheter des bouchons percés)  des bouchons prévus à cet effet (ceci à l’aide d’un fil métallique plié en deux faisant office d’aiguille) il n’est pas nécessaire de remplir ces orifices entièrement. Puis vous préparerez des capsules de bouchon de champagne que vous fixerez sur les bouchons des bouteilles. Ces capsules de sûreté sont souvent utiles dans la mesure où elles retiennent les bouchons de caoutchouc ( ou de silicone) quand vous sortez les bouteilles de la cocotte  minute après la stérilisation. En effet pendant cette opération, l’air présent dans les bouteilles se dilate et entraînerait, sans sûreté, l’expulsion des bouchons. Les bouteilles fermées, vous les mettrez dans la cocotte minute avec un peu d’eau, vous fermerez cette dernière et vous laisserez stériliser un quart d’heure. C’est la stérilisation à vide.

 

 

 

Nous arrivons à présent à la phase deux.

La préparation de la gélose est l’opération la plus simple. Quand vous commandez des milieux in vitro vous pouvez les recevoir sous forme de poudre qu’il faudra chauffer avec de l’eau. Prenons un exemple :  pour une dose de 250 mL,  faites chauffez celle-ci dans 250 mL d’ eau déminéralisée(et stérilisée) au bain-marie sans faire bouillir le mélange. Ce chauffage est nécessaire pour casser le complexe. La poudre dissoute,  versez la solution dans les flacons dans lesquels vous placerez les tissus par la suite.

Les bouteilles prêtes (gélose et capsules de sûreté en place), vous stériliserez ces dernières 20 min dans la cocotte minute. C’est au moment où le sifflet se met en marche que l’on met le chronomètre en route ; ne dépassez pas cette durée pour ne pas détruire les éléments les plus fragiles présents dans la gélose comme les vitamines.

Notons quil ne faut pas que les bouteilles trempent dans l’eau ; si c’était le cas la gélose rentrerait en ébullition et les substances dont nous avons déjà parlées seraient détruites.

 

 

 

Nous arrivons à la phase trois.

Après avoir laissé reposer et gélifier les milieux, vous pourrez mettre les tissus et graines en place.

Le choix des graines et des tissus :

Les graines les plus simples à mettre en bouteilles sont celles de la taille du Byblis liniflora (1 mm). Celles de taille proche du Drosera capensis ne présentent pas plus de difficulté ; par contre les graines de grosseur égale à celles du Drosera burmanii ( 0.3 mm) quelque ne sont pas aisées à mettre en bouteilles. En effet, il est difficile de laver ces graines dans les trois solutions (dont nous parlerons plus tard) parce qu’elles coulent et il est difficile de les récupérer. Je vous conseillerais donc de vous abstenir de travailler avec ce calibre.

En ce qui concerne les feuilles, le choix de parties jeunes, en pleine formation semble être le plus judicieux dans la mesure où ces parties connaissent le plus de divisions cellulaires. Si vous voulez bouturer des feuilles de Drosera binata par exemple vous pourrez utiliser les crosses qui ne sont pas encore déroulées ; de même, pour le Drosera capensis ou rotundifolia vous utiliserez les feuilles encore repliées.

Si vous êtes en présence de feuilles de grande taille, vous couperez des morceaux d’un centimètre carré au niveau de la nervure principale de la feuille. Des morceaux de taille inférieure risqueraient de ne pas être viables.

Certains cultivateurs placent, les plantes destinées à la reproduction en in vitro, dans des endroits protégés des moisissures et autres pestes ( lieux plus ou moin stériles) pour augmenter leurs chances de réussite avec les boutures. Ces lieux peuvent être obtenus par filtration de l’air, désinfection à l’aide de gaz…

La mise en place des graines et des tissus :

Phase 1 : préparez votre plan de travail :

- disposez du papier absorbant imbibé d’eau de javel sur votre table.

- désinfectez les outils (ex : scalpel, pince à épiler, pipette,…) à l’aide d’alcool à 90° et disposez au centre de votre plan de travail un bec bunsen qui vous garantira une fois allumé une zone de stérilité de 15 cm de rayon autour du bec ;  c’est dans cette zone que vous effectuerez toutes les manœuvres. Notons qu’il faut porter des habits anciens ou une blouse afin de ne pas se salir avec l’eau de javel.

Phase 2 :

  -    préparez les trois solutions dont nous avons déjà parlé. La première est le mouillant, elle est destinée à nettoyer les tissus et les graines - elle est composée de liquide vaisselle et d’eau bouillie. La seconde est destinée à la désinfection - la plus simple à préparer est celle qui est composée d’eau de javel : vous diluerez 5 fois un petit volume d’eau de javel avec de l’eau déminéralisée (le volume d’eau de javel prélevé aura été dilué une première fois comme il est préconisé sur l’emballage, concentration d’eau de Javel indicative :5%). Notons que les réussites avec ce type de désinfectant sont faibles. En fait, ceci fonctionne très bien avec des graines mais mal avec des boutures. Enfin la troisième solution est la solution de rinçage- elle n’est composée que d’eau bouillie(stérile).

Phase 3 :

Nous allons commencer avec les graines :

Placez ces dernières dans une petite soucoupe avec le mouillant pendant 3min puis retirez ce mouillant à l’aide de papier absorbant.

Versez dans la soucoupe le désinfectant, laissez agir 1-2min en fonction de la taille des graines.

Rincez ces graines après avoir absorbé le désinfectant.

A présent il ne vous reste plus qu’à mettre les graines en bouteilles.N’oubliez pas de travailler à coté de la flamme et de désinfecter souvent vos outils, les lames de métal pourront être plongées dans la flamme après chaque manœuvre.

Continuons par les boutures de feuilles :

Trempez les feuilles dans les trois solutions dont nous avons déjà parlé pendant une durée équivalente ou légèrement plus élevée (environ 4min).

Mettez les en bouteille face interne contre le substrat.

La durée de désinfection est variable ; elle dépend du produit utilisé. Certains nécessitent une durée supérieur à 20 mn. Certains cultivateurs utilisent de l’hypochlorite de calcium, des désinfectants pour biberons de bébés…

Résultats des courses :

Avec l’utilisation d’eau de javel, j’ai perdu presque 70% de mes cultures ( seules de bouteilles de boutures ont prises, c’étaient du pinguicula weiser et les crosses de binata). Par contre, toutes les graines ont prises : des Byblis liniflora et des Droseras capensis feuilles étroites et velues ont germé en moins d’une semaine et croissent très rapidement. De même le Drosera burmanii géant et le spatulata kansai ont germé en moins de deux semaines et ont entamé leur développement. Quelques temps plus tard du Biophytum a pris.

J’ai de grandes espérances pour le Byblis gigantea.

Deux de mes amis ont eu moins de chance que moi mais leurs expériences permettent de conclure que l’utilisation de fongicides à la place du désinfectant est absolument sans effet sur la moisissure. De plus l’hypochlorite de calcium, très souvent utilisé pour l’in vitro, ne garantit pas de meilleurs  résultats. Il serait intéressant d’essayer une série de désinfectants successifs pour éliminer la moisissure et les autres maladies, combiner se l’eau de javel avec de l’hypochlorite de calcium, essayer de l’eau oxygénée avec de l’alcool, mais il faut faire attention que ces produits ne détruisent pas les tissus.

Je pense que les échecs subis proviennent en grande partie d’un mauvais choix des tissus (récoltés sur des plantes en contact avec des moisissures) et surtout de l’utilisation d’un désinfectant peu efficace ou trop efficace (certaines de mes boutures ont confit dans la javel). Comme vous le constatez  la culture in vitro n’est pas simple pour l’amateur. Les laboratoires utilisent cette technique depuis plusieurs années avec succès, c’est pourquoi je pense que nous la maîtriserons biens dans les prochaines années(avec du matériel spécialisé )

Leçons retenues lors de ces expériences :

- mettre une seule feuille en bouteille réduit vos chances ; elle peut échapper à la moisissure mais nécroser par la suite ;

- placer plus que trois grandes feuilles dans un flacon est dangereux dans la mesure ou une seule feuille peut contracter des champignons, ces derniers se transmettant au reste des boutures en peu de temps.

- quand vous installerez des Droseras en bouteilles, veillez à ce que les feuilles soient dénuées de proies ; en fait, les proies sont de véritables foyers à moisissure, surtout en fin de saison, en automne ;

- les graines de drosophyllum semblent ne pas être destinées à la culture in vitro d’après Peter d’Amato.

- ne pas faire confire les tissus dans le désinfectant ;

- vous pouvez installer en bouteilles des graines appartenant à des pygmées en utilisant de la javel comme désinfectant,  entreprise difficile pour les raisons que nous avons déjà citées.

Coûts engendrés par ce type de culture :

- les milieux coûtent à peu près  5 euros pièce ;

- une vingtaine de bouteilles plus les bouchons : 40 euros (il est judicieux de collectionner des flacons à épices de type Ducros).

- comptez des frais supplémentaires pour le gaz et les désinfectants.

La sortie des plantes de bouteilles :

Les plantes issues de cultures in vitro sont très fragiles au début. Rien que le fait de les placer à une humidité inférieur à celle qu’elles connaissaient en bouteilles risqueraient de les dessécher. Il est conseillé de ne changer qu’un paramètre de culture à la fois (soit la température, soit l’éclairage…).

Sortez les plantes délicatement des bouteilles sans arracher les racines (la gélose adhère assez peu aux poils absorbants). Placez les plantes dans leur pots définitifs ou sur des terrines, dans les deux cas veillez à ce que le substrat soit bien humide. Notons qu’il est utile de placer les pots sous une plaque de verre ou de plastique pour augmenter l’hygrométrie. La reprise est assez lente et peut aller jusqu’à plusieurs semaines. Les boutures de Drosera binata ont bien prises par contre les Drosera burmanii sont morts quelques temps plus tard. Ceux- ci étaient de petite taille et sans doute pas viables. J’avais du les sortir de bouteilles car ils commençaient à jaunir, je pense que la gélose que j’avais achetée n’était pas de bonne qualité bien qu’elle fut spéciale Drosera. Notons aussi que les plantules portant de toutes petites racines ( inférieur à 2.5-3 mm) prennent avec beaucoup de difficultés. Les sensitives comme le biophytum peuvent être mises en bouteille, elles produisent peu voir pas de feuilles, seules les racines se développent ( de 1à 2 cm). Généralement ces petites plantes reprennent bien mieux que des plantules sans racines et avec peu de feuilles. De plus en plus les amateurs utilisent deux milieux successifs, un dit d’enracinement et un dit de multiplication. On place graines et boutures dans le milieu de multiplication puis au bout de quelques semaines dans le milieu d’enracinement. Cette méthode augmente sensiblement les chances de réussite.

Conclusion
Les pertes  rencontrées  dans les premiers tempsquand les plantes sont encore dans les bouteilles, précèdent une série d’autres pertes à la sortie des flacons. Si vous débutez comme moi dans cette technique, faites plusieurs essais sur des plantes ne vous tenant pas très à cœur vous limiterez ainsi les déceptions. Par contre, je suis certain qu’après quelques échecs vous pourrez reproduire à loisir vos plantes préférées.

Texte et photos: Lionel Léopoldès, toute reproduction interdite sans l'accord de l'auteur


(Suite... | Scientifique | Score: 4.27)
18168 lecture(s)
In-vitro 2005 - Rencontre avec notre responsable de cellule
Transmis par jessclub le 15 October 2005 à 00:00:00 CEST
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Nous sommes en juillet 2005 et je me dis "Pourquoi ne pas me rendre chez notre grand spécialiste de l'in-vitro et faire un petit point sur le niveau actuel de notre cellule in-vitro?". Voici donc une petite interview qui vous permettra de comprendre le principe de fonctionnement de cette activité. Nous allons essayer d'insister sur les quelques règles de base qui permettent aux amateurs de franchir le pas et éviter les échecs répétés.

Bux (Fabrice) est en quelque sorte notre spécialiste et s'occupe essentiellement de la cellule in-vitro au sein de Rossolis. Il pratique l'in-vitro depuis plusieurs années non seulement avec des plantes carnivores qui représentent d'ailleurs son principal centre d'intérêt mais aussi avec d'autres espèces comme les cactées, les orchidées ou encore les plantes potagères. Il fait l'ensemble des tests chez lui, se passionne beaucoup pour la recherche et le développement de nouveaux milieux afin d'améliorer sans cesse les résultats obtenus.

A peine arrivé chez lui que je vois déjà du matériel un peu partout dans la maison. Voici par exemple ce qui ressemble à de la désinfection ... dans la cuisine !

 


Moi : De quoi s'agit-il exactement ? Ca ressemble à de la Dionée qui trempe dans l'eau du robinet !
Bux : Effectivement, il s'agit de Dionaea musipula. Des plantes issues de graines qui ont germé il y a déjà plusieurs mois dans un bocal et que je me prépare à repiquer dans un nouveau milieu stérile. Elles sont dans un mélange d'eau stérile à laquelle j'ai ajouté un désinfectant léger. Cela me permet en quelque sorte de les nettoyer et de les diviser facilement avant la séance de repiquage.



Moi : Mais venons en au fait, l'in-vitro ça se passe comment et peux-tu me faire une petite initiation rapide tout en me montrant tes installations ? J'ai appris par exemple que tu avais fini tes travaux de construction d'une hotte stérile mais tout d'abord comment as-tu appris comment faire les manipulations ?
Bux : L'in-vitro n'est pas bien compliqué. Pour ceux qui disposent d'Internet, il suffit de faire des recherches sous Google par exemple pour obtenir rapidement un tas d'informations détaillées aussi bien sur les protocoles que sur les milieux à réaliser. Il est vrai que les documentations les plus complètes sont en anglais mais pour ceux qui disposent de quelques notions et utilisent les traducteurs on-line il y a toujours moyen de s'en sortir.

Moi : Qu'utilise-t-on de la plante pour faire de l'in-vitro ?
Bux : C'est en fait très variable. On peut aussi bien partir de graines que de tissus. Les résultats sont conditionnés par différents facteurs difficilement maîtrisables comme le taux de contamination des graines et des tissus. L'élément doit être parfaitement désinfecté sinon l'échec est garanti. A noter qu'il est plus facile de désinfecter des graines car elles sont moins sensibles à l'utilisation de désinfectants concentrés. Les tissus d'une plante risquent en revanche d'être détruits lors de la phase de désinfection ou pire encore, ils sont parfois contaminés à l'intérieur ou dans des zones inaccessibles par les désinfectants.

Moi : Tu utilises quoi, du savon, du fongicide ?
Bux : Oh non. Il est possible d'utiliser différents produits voir des combinaisons de produits pour obtenir le niveau de désinfection suffisant. J'utilise essentiellement des mélanges à base d'eau de javel que je dilue avec de l'eau préalablement stérilisée. Il faut par contre rester très prudent car ces produits sont parfois dangereux . Les protocoles varient selon le fait que ce sont des graines ou des tissus et selon que les tissus sont plus ou moins charnus. Difficile de définir des règles exactes sur la durée de l'opération qui peut aller de quelques minutes à plus de 20 minutes.

Moi : Une fois désinfecté, tu mets directement en bouteille ?
Bux : Pas tout à fait, je rince d'abord à l'eau stérilisée et seulement ensuite je mets en bouteille car les produits désinfectant peuvent continuer à agresser les végétaux une fois dans la bouteille ce qui entraînerait la mort de la plante.

Nous nous rendons dans la pièce ou se trouve la hotte stérile ...



Moi : Voici enfin l'engin ! Indispensable ou pas pour réaliser de l'in-vitro ?
Bux : Non, une hotte stérile n'est naturellement pas indispensable mais en tous cas cela améliore considérablement le taux de réussite. Il y a encore quelques mois, je faisais l'ensemble des manipulations devant une flamme. Une gazinière fait l'affaire après l'avoir préalablement bien  nettoyée avec des désinfectants. Il faut reconnaître que dans ce cas, c'est loin d'être du 100 % et une poussière même invisible porteuse de bactéries se glisse assez souvent dans les bocaux. Ca reste cependant un moyen très économique et donc idéal pour les débuts. Il est par contre certain que la hotte stérile m'a changé la vie !



Moi : Il n'y a aucune flamme dans ta hotte, est-ce normal ?
Bux : Oui, effectivement, pas de flammes. C'est un luxe qui évite des brûlures régulières quasi inévitables lorsque tu manipules devant ta gazinière. J'ai conçu la hotte avec un système de filtration suffisant pour éliminer l'ensemble des germes susceptibles d'infecter les milieux. Il va cependant de soit qu'avant chaque séance il faut nettoyer les parois et la table de travail de la hotte avec un désinfectant.  Après le nettoyage, je laisse tourner la hotte avec le matériel nécessaire dedans pendant au moins 15 minutes.

Moi : C'est quoi le principe de filtration ?
Bux : L'air est prélevé dans la pièce, passe par un système de filtration que j'ai acheté tout fait, il existe des standards à ce niveau. L'air filtré est ensuite pulsé dans la hotte. L'évacuation se fait sous la partie vitrée ... là où l'on passe les mains pour faire les manipulations.



Moi : Et tu procèdes comment ?
Bux : Comme tu peux le voir tout est déjà bien rôdé. J'ai mes pinces qui baignent dans un désinfectant du côté droit de la hotte, le récipient à remplir côté gauche et les récipients remplis vers le milieu.  Les manipulations se font en partie centrale. Là je suis en train de sortir une feuille de Pinguicula cyclosecta du mélange de rinçage.

Moi : Pourquoi un rangement si précis dans ta hotte ?
Bux : Nous travaillons en milieu stérile et sur nous se trouve tout un tas de bactéries et germes. Laver les mains est largement insuffisant et il faut de ce fait faire un minimum de gestes dans la hotte afin de ne pas risquer d'infecter le milieu. L'agencement des différents éléments doit être fait en sorte que tu ne passes par exemple jamais au-dessus d'un bocal. Lorsque tu prends quelque chose en main c'est toujours par les côtés, le plus loin possible de l'ouverture. Tous les gestes se font au ralenti et réduit au strict minimum.



Moi : La manipulation n'a pas l'air facile ...
Bux : Effectivement c'est quelque peu délicat du fait que les feuilles soient mouillées et ont de ce fait tendance à non seulement coller à la pince mais aussi aux parois du tube. Le récipient utilisé dans notre cas étant un petit tube à essais cela complique d'autant la manipulation.

Moi : C'est visiblement assez long ...
Bux : Il faut bien compter 1/2 heure pour simplement la mise en bouteille d'une espèce et là encore je ne compte ni les temps de nettoyage, de désinfection des tissus ou encore de préparation des milieux.



Bux : Voilà, c'est fait, le tube est soigneusement fermé. Plus de risques de contamination pour celui-ci, sauf si un germe s'y est glissé pendant la manipulation ou qu'il est resté sur les tissus de la feuille.



 
Moi : Comment voir si c'est bon ou pas ?
Bux : Il faut compter environ 15 jours après quoi si rien n'apparaît de suspect dans le bocal ont peu estimer que c'est un succès. Mais la contamination n'est pas tout, il faut que la plante pousse. Si la désinfection de nos feuilles a été trop importante elles risquent de ne pas bourgeonner pour donner une plantule ce qui est alors aussi un échec.

Nous voici à présent dans le local de stockage des bocaux. Installation impressionnante tout comme le nombre de bocaux !



Moi : Pourquoi mettre le tout dans des terrariums ?
Bux : Plusieurs avantages, d'une part le terrarium permet de conserver une certaine stabilité en température et d'autre par celui-ci protège de la poussière. Il faut maintenir les bocaux dans les meilleures conditions de propreté possible  car la plupart des plantes sera à repiquer dans un nouveau bocal au bout de quelques mois.



 
Moi : La plupart des plantes semble pousser relativement vite et je ne vois pas de milieux de contaminés.
Bux : Il est clair que depuis la mise en service de la hotte stérile, j'ai extrêmement peu de contaminations. Je retire les pots contaminés au fur et à mesure. Au niveau vitesse de croissance celle-ci est largement supérieure à celle d'une plante à l'air libre. C'est l'un des avantages de l'in-vitro. Regarde par exemple la taille de cette Dionée qui a été mise en bocal il y a seulement quelques mois!!



 
Moi : C'est impressionnant ! Je vois par contre d'autres espèces qui semblent être là depuis l'an dernier mais sont encore de petite taille, pourquoi ?
Bux : Certaines espèces ont plus de mal à se développer dans mes milieux que d'autres. Il faut parfois moduler la concentration de certains éléments du milieu nutritif voir même ajouter des hormones. Dans les bocaux que tu vois là, il y a essentiellement des essais. Chaque bocal est numéroté et j'ai une fiche traçabilité qui me permets de mesurer les résultats obtenus en fonction des espèces et des différents mélanges réalisés.



 
Moi : Les milieux ne sont pas tous au point ?
Bux : Là n'est pas le problème. Je dirais plutôt que j'ai des milieux qui donnent des résultats acceptables pour la plupart des espèces et que je fais de l'amélioration continue sur ces milieux pour les spécialiser et obtenir les meilleurs résultats possibles.



 
Moi : Encore beaucoup de travail de recherche si je comprends bien.
Bux : Effectivement, il y a encore beaucoup de boulot à ce niveau. Il y a un grand nombre d'espèces de plantes carnivores et de toute évidence, il y a parfois même des besoins différents au sein d'une même espèce ce qui complique d'autant la tâche. Ma fois, on est passionné ou pas ...



Moi : Et tu ne trouves pas des recettes efficaces toutes faites dans les livres ou encore sur Internet ?
Bux : J'ai déjà testé pas mal de ces recettes types mais les résultats sont bien souvent à peine satisfaisant. Tu as vu cette dionée de moins de 6 mois ? Avec les milieux trouvés sur Internet, elle avait à peine la moitié en taille dans les milieux qui semblaient les plus performants et à peine 1 mm dans les pires ! Personnellement, je parts des milieux communs de base sur lesquels j'effectue des variations de concentrations et des ajouts. C'est ainsi plus clair et simple pour moi, c'est par contre relativement long mais l'avantage est qu'à force tu connais l'ensemble des facteurs qui interviennent aussi bien sur la croissance que sur la multiplication de tes plantes.

Moi : J'ai vu que certains milieux sont beaucoup plus sombre que d'autres, pourquoi ?
Bux : Voici par exemple des pots de Nepenthes ventricosa. J'ai ajouté du charbon aux milieux car celui-ci absorbe certaines excrétions de la plantes. Comme le milieu est confiné et stérile, les sécrétions peuvent retarder et donc inhiber la croissance de certaines espèces de plantes.


Je vais conclure sur ce dernier cliché qui n'est autre que les tubes de Pinguicula cyclosecta qui ont atteint cette taille 3 mois après la mise en tube (mise en tube au début de l'article). Comme vous pouvez le voir c'est un succès total et il ne reste plus qu'à les repiquer dans des bocaux plus grands.



Texte et photos: Gérald Bach, toute reproduction interdite sans l'accord de l'auteur
 


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Un rève de 5 ans, un projet de 8 mois!
Transmis par lionel le 02 August 2004 à 18:05:00 CEST
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Mise en ligne du portail de Rossolis, une date clef, le 1 août 2004

 

Après plusieurs mois de travail, nous sommes enfin le 31 juillet 2004, veille de la sortie officielle de notre petit bébé. A cette occasion, nous nous sommes réunis afin de faire quelques finitions de dernière minute mais aussi pour contrôler le bon fonctionnement de l'ensemble des projets. Une occasion de passer une journée complète devant des PC, certes, mais aussi de partager repas et loisir d'une belle journée de juillet.

 

La dernière réunion de travail avant la mise en ligne du portail. Quelle énergie !

 

Quelques heures avant l'ouverture officielle, il faut quand même s'y mettre encore un peu!

 

3 ordinateurs ... Ca va nettement plus vite ;-)

 

On se presse de finir les messages officiels ... les dernières corrections ...

... vérifier les accès visiteurs, membres et administrateurs ...

 

A quelques minutes de la mise en ligne, on effectue une dernière vérification et concertation. Pas de bugs, pas de mauvaise surprise, pas d'oubli, tout semble fonctionner à merveille !

 

Oups, il est minuit et les messages viennent d'être envoyés. Le portail de Rossolis est à présent visible de tous. Un petit verre de Champagne pour fêter l'occasion et se faire plaisir après plus de 8 mois de travail.

 

G'suntheit !!!

 

Ca marche ! Il est 0h11 et voici notre premier visiteur. Grande satisfaction pour tous après cette journée studieuse et conviviale ; mission accomplie. Après quelques opérations de sauvegarde du portail et de sa base de données nous nous séparons. Et oui, demain c'est le grand départ en vacances pour plusieurs d'entre nous.

Photos: Gérald Bach Texte: Gérald Bach et Lionel Léopoldès, toute reproduction interdite sans l'accord des auteurs

 

 



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